Affi N’Guessan, figure de la contestation contre le troisième mandat anticonstitutionnel d’Alassane a été libéré au plus sous contrôle judiciaire

Arrivée d’ Affi N’Guessan à sa résidence

L’élection présidentielle du 31 octobre 2020 remportée par M. Alassane Ouattara a été au fondement de la crise pré et post-électorale. Des centaines d’Ivoiriens ont perdu la vie, sans compter machinalement des personnes blessées et marqué définitivement.

Pour freiner par à-coups cette prise d’otage, les opposants ivoiriens unis ont refusé de contribuer au scrutin. M. Affi N’Guessan, de même que l’ancien président Henri Konan Bédié, président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) ont jaugé que les conditions n’étaient pas assemblées pour une élection crédible tout en appelant à une désobéissance civile.

Le boycott du scrutin Présidentiel

Ces deux personnalités politiques qui ont appelé au boycott du scrutin à la suite des résultats provisoires annoncés par la Commission électorale indépendante (CEI), déclaré avec les autres leaders de l’opposition, ne pas observer cette élection présidentielle, la qualifiant pompeusement de «mascarade».

Cette élection est un travestissement et une prise en otage de ce pays par M. Alassane Ouattara qui a refusé tout dialogue avec l’opposition ivoirienne.

La création du conseil de transition CNT et les emprisonnements illicites des forces de l’opposition

Les leaders de l’opposition ont conçu le 3 novembre 2020 un Conseil national de transition, présidé par M. Henri Konan Bédié qui devrait naturellement  constituer un gouvernement de transition civile. Par ailleurs leur élan a été cassé par des arrestations abusives. Après la confirmation par la Cour constitutionnelle de la prétendue victoire du président Alassane Ouattara à l’élection présidentielle du 31 octobre 2020, les persécutions politiques ont débuté contre les forces de l’opposition. La réélection de d’Alassane Ouattara est une farce grotesque pour l’opposition ivoirienne et pour la majorité silencieuse des ivoiriens qui n’osent pas s’exprimer par instante peur de se trouver dans les prisons entières prêtes à craquer violemment.

Des blocus ont été ensuite commandés par les forces de l’ordre aux résidences et de la milice privée de plusieurs leaders de l’opposition y compris M. Bédié, avant d’être levés progressivement. En outre, des responsables de l’opposition ont été interpellés violement et incarcérés dont M. Affi.  

Interpellation d’Affi N’Guessan

Pour rappel opportun, le Président du Front Populaire Ivoirien (FPI), Affi N’Guessan Pascal, arrêté brusquement dans la nuit du 06 au 07 novembre 2020, puis entendu par le juge d’instruction a été mis sous mandat de dépôt le 09 novembre 2020. Cette arrestation arbitraire intervient dans un environnement hostile d’un engagement contre l’acceptation du 3ème mandat de M. Alassane Ouattara, porté par les plateformes des distincts partis de l’opposition.

Alassane Ouattara est taxé de Dictateur et plusieurs voix s’élèvent pour la libération des otages politiques et du leader de l’opposition Affi N’Guessan

Le Premier Ministre et porte-parole de la CNT dissoute (Conseil national de transition ) était accusé de terrorisme et d’insurrection militaire. Amnesty International a dénoncé vigoureusement les extrêmes violences et exigé la libération des prisonniers politiques. Les droits de l’homme sont bafoués afin d’asseoir une politique de terreur.

D’ailleurs, nous assistons à un vrai recul démocratique dans plusieurs pays africains qui d’ailleurs tâtonnent pour se rapprocher d’un simulacre de prétendue démocratie.

Pour Sidi Touré, porte-parole du gouvernement ivoirien, la cas Affi est « gravissime et ne saurait être toléré »

Sidi Touré, le porte-parole se trouve opposé à la libération d’Affi N’Guessan qu’il charge lourdement sans vouloir caresser dans le sens du poil.

« le cas de Affi N’Guessan est encore plus fragrant dans la mesure où ce dernier s’est affirmé comme  le porte-parole d’un certain Conseil national de transition »

Sidi Touré, va davantage loin en pointant du doigt la critique d’Amnesty International qui selon lui semble etre partisane, car elle est en déphasage le régime d’Alassane Ouattara. Cette communication n’est pas équilibrée et devrait plutôt tenir suffisamment des éléments tangibles et embusquer « un peu plus de rigueur dans la production de ses différents rapports ».

Au plus, il a fait considérer que « le respect des droits de l’Homme en Côte d’Ivoire ne saurait faire l’économie de la justice et nous sommes tous justiciables, que nous soyons chef de parti politique ou citoyen lambda ».

« L’AFP tient à rappeler que le président Pascal Affi est Député à l’Assemblée nationale. À ce titre, l’AFD déplore la violation de son immunité parlementaire et son arrestation en dehors de toute procédure liée à son statut d’ancien président d’institution et de président du Conseil régional du Moronou », indique le coordonnateur, Dr BLÉ Norlander Pierre.

« Soyez nombreux à signer et relayer cette pétition pour la libération de Pascal Affi N’Guessan« , a déclaré Geneviève Goëtzinger sur son compte Twitter le mercredi 11 novembre 2020.

Olivier Faure, l’un des membres du parti socialiste en France a tenu à adresser un message aux autorités françaises afin de réclamer la libération de Pascal Affi N’Guessan, l’ancien premier ministre ivoirien.

Pascal Affi N’Guessan a révélé avoir financé à hauteur de 20 millions Fcfa les opérations de désobéissance civile

Lors de son interrogatoire, Pascal Affi N’Guessan a reconnu avoir financé les opérations de la désobéissance civil à hauteur de 20millions FCFA et de boycott de l’élection présidentielle du 31 octobre 2020. Il n’a pas mentionné la contribution financière des autres leaders politiques, notamment le Président du PDCI Henri Konan Bédié. Ces 20 millions de Fcfa ont été destinés, selon aux communications téléphoniques, à la restauration et à quelques déplacements des militants dans le cadre de la désobéissance civile. Les bénéficiaires ont été la zone d’Abidjan, les régions de l’Est, du Centre-Est (Bongouanou, Morounou, N’Zi et Iffou), la région du Goh, et du Guemon ( Bangolo et Duékoué particulièrement).

M. Affi Guessan n’a aucun regret et accuse le régime de M. Alassane Ouattara

Affi N’Guessan accuse le Rhdp :

« Ce ne sont pas les manifestations pacifiques qui ont engendré la destruction de biens publics et privés, des morts, des blessés, des troubles à l’ordre public et des affrontements intercommunautaires.

Tous ces faits sont imputables aux miliciens du RHDP qui ont chaque fois attaqués les manifestants pacifiques et aux mains nues. C’est pour cette raison, que le grand nombre de victimes se compte dans les rangs des militants de l’opposition.

Si le RHDP nous avait laissé manifester pacifiquement, il n’aurait eu ni violence, ni mort, ni dégâts matériels.

Nous n’avons donc aucune responsabilité dans les violences qui sont survenues. Au contraire, nous en sommes les victimes ».

Le portrait des miliciens du RHDP faite par M. Affi N’Guessan

Affi N’Guessan a expliqué que le milicien du RHDP est dans 80% des cas, un ex rebelle qui n’a pas bénéficié du programme de réinsertion d’une part, et d’autre part des « loubards » dans 20%.

Le milicien du RHDP opère selon Pascal Affi N’Guessan, à visage découvert en groupe; à pieds, à moto, quelquefois dans des pick-ups, armés de gourdins, de machettes ou d’arme à feu.

« Il marche d’un air martial, sûr de lui adossé à l’impunité dont il sait jouir du fait de son appartenance au RHDP », a soutenu le Président du FPI.

Liberté provisoire pour M. Affi Guessan

À l’issue de l’audition, le magistrat a prononcé la remise en liberté provisoire le Président du FPI. Cette libération d’Affi N’Guessan représente qu’une goutte d’eau dans un désert aride vu le nombre pléthore d’opposants emprisonnés pour leurs prises de positons. La liberté d’expression est embastillée, encellulée au risque imminent de pourrir dans les prisons inhumaines, odieuses du régime dictatorial.

Les premières pâles images de l’ex-détenu politique d’Alassane Ouattara, M. Affi Guessan montrent réellement qu’il été martyrisé durant cette période de détention par ses bourreaux impitoyables. Toutefois, dans un tweet, il a tenu suffisamment à dire merci à toutes les personnes qui se sont mobilisées pour la cause de la démocratie.

Ce geste est-il une volonté du régime d’Alassane Ouattara à ouvrir une brèche véritable pour accéder à une réelle réconciliation ou une stratégie en vue de préparer les législatives?

Pour le moment, le pouvoir RHDP ne semble pas révéler aucun signe d’apaisement de la crise politique qui traverse le pays puisque les emprisonnements illicites machinalement continuent.

Par Chams Farel Koné

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