Pulchérie Gbalé, l’icône de la lutte contre la dictature refuse le deal proposé par Ouattara: libération sous condition : ni compromis, ni compromissions

Arrêtée le dimanche 16 août 2020, Pulchérie Edith Gbalet mère de trois enfants a été enlevée par des hommes encagoulés quelques jours plus tôt dans le quartier populaire de Yopougon.

Selon les informations à notre possession, Pulchérie Edith Gbalet a été amenée de force dans l’ex-Hôtel Sebroko (siège d’une milice ultra violente, qui va jusqu’à torturer les opposants, répondant aux ordres du frère de M. Ouattara, officiellement l’«Unité de lutte contre le grand banditisme» -ULGB, une section de la police), puis à la préfecture de police, où elle a été entendue deux jours durant par le procureur adjoint ; enfin amenée au palais de justice du Plateau, où cette dernière a été mise sous mandat de dépôt et incarcérée à la MACA le 19 Aout. Par ailleurs, le 21 août, elle était inculpée par le parquet d’Abidjan pour appel à l’insurrection et trouble à l’ordre public voire destruction volontaire de biens nationaux.

Cette vaillante combattante aguerrie risque plusieurs années de sinistres prisons. Aujourd’hui, elle représente dignement le symbole la répression qui s’abat sur les contestataires du 3e mandat brigué par le President Alassane Ouattara après le tripatouillage de sa propre constitution.

Pulchérie Edith Gbalet est titulaire d’un DEA de sociologie de l’université de Bouaké, actuelle Université Alassane Ouattara en 1999 n’est ni féministe, ni misogyne. Toutefois, elle est engagée pour la cause des droits de l’homme. Elle débute réellement sa carrière de militante des droits de l’homme peu après la crise postélectorale en 2011. Sa préoccupation majeure est la lutte contre les injustices sociales, la réconciliation nationale et surtout la formation.

En effet, cette originaire du pays de Felix Houphouët Boigny est persuadée que c’est par la formation que les citoyens prennent conscience et s’engagent à lutter pour leur bien-être. Elle était consciente des risques qu’elle courait dans un pays où la démocratie est embrigadée. Toutefois, Pulchérie Glalé ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, elle accentue son combat en s’invitant  dans la cause humaine face aux oppressions des puissants. En 2016, elle lance le Forum des organisations de la société civile (Forsci) et plaide pour la réconciliation, la paix, l’amnistie pour les prisonniers politiques et l’indemnisation des victimes de la guerre. Bien qu’elle soit consciente que ses prises de position sont susceptibles de la conduire à la prison à perpétuité, l’icône de la lutte contre la dictature ne compte pas abdiquer.

«Je suis consciente d’être dans un environnement non sécurisé, mais il ne faut pas que les choses s’arrêtent à moi. Sans moi, le peuple doit pouvoir continuer la lutte. On ne peut me convaincre d’arrêter le combat », répondit-elle.

Pulchérie Gbalet continue toujours à foncer résolument en croyant en des lendemains meilleurs dans son engagement qu’elle considère comme un sacerdoce. Au  cours de son parcours, elle éprouvait des moments des bas et des hauts. Son crédo : la lutte doit continuer vaillamment malgré les obstacles.

Bien que cette arrestation arbitraire ait suscité et continue de distiller une vive émotion dans le pays, avec un écho international important : Voice of America, la radio d’État allemande Deustche Welle(dans leurs éditions Internet en français), et même l’hebdomadaire Jeune Afrique, le Président Alassane Ouattara continue de revêtir son manteau de dictateur avec la complicité des membres de son régime aux appétits voraces. Et pourtant, après son élection qui entrainait des émeutes, des morts et des personnes marquées à vie, le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, de la Françafrique Jean-Yves Le Drian alias le Truand avait ordonné à son poulain imposé de force aux Ivoiriens de se réconcilier avec son peuple. Thomas Rudigoz, député de la 1ère circonscription du Rhône et membre de La République en Marche (LREM), a interpellé le ministre des Affaires étrangères et de l’Europe sur la détention d’opposants au 3e mandat d’Alpha Condé.

Dans son intervention, l’élu français a souligné que ‘’les affrontements entre les contestataires des résultats de l’élection présidentielle du 18 octobre dernier et les forces de l’ordre guinéennes ont provoqué la mort d’une cinquantaine de civils  » L’UE et Emmanuel Macron demandent au chef de l’État guinéen de faire « toute la lumière » sur le cas des opposants dans les prisons guinéennes.

Pourquoi ce silence glacial autour du dossier ivoirien? Si la Guinée et la Côte d’Ivoire sont tous deux sous domination de l’oligarchie française, Emmanuel Macron devrait demander à son poulain Ouattara Alassane de stopper illico presto cette dictature.

Avec cette sortie fracassante d’Emmanuel Macron qui s’oppose à la  condamnation des Alexeï Navalny,  il y a lieu de nous interroger longuement sur cette théâtralisation, cette hypocrisie de la France et de ses alliés.

A priori, nous constatons que des dirigeants africains soutenus par la Françafrique peuvent massacrer, emprisonner leurs populations sans que cela ne choque la communauté internationale. En quelque sorte la vie de l’homme ne compte pour du beurre. Emmanuel Macron ne cesse d’exprimer son mépris hautain envers l’Afrique

Le cynisme de ce « jeunot » président de l’hexagone pour emprunter les mots de l’artiste malien international Salif Keita a dépassé le Rubicon.

La libération de Pulchérie Gbalet sans condition ne semble pas être à l’ordre du jour. Puisqu’elle refuse tout compromis et toute compromission .

En effet, selon Mel Essis média TV, une source proche du PDCI-RDA, comme nous pouvons le lire sur sa page Facebook, la responsable de la société civile en Côte d’Ivoire, depuis sa cellule de prison à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA), reste ferme sur sa décision. Elle est loin de négocier sa libération après celle des femmes de GPS de Guillaume Kigbafori Soro.

« Les FEMMES du GPS de GUILLAUME SORO étaient mes VOISINES de cellule. Leur LIBÉRATION m’a donné une LUEUR D’ESPOIR. C’est vrai que les CHOSES traînent mais mon MORAL au BEAU FIXE .

Je ne regrette pas le COMBAT que j’ai mené contre le 3ÈME MANDAT du Président ALASSANE OUATTARA. Je n’ai rien fait de mal si ce n’est REVENDIQUER le RESPECT de la CONSTITUTION et user de mon DROIT de MANIFESTER .

Je ne regrette pas le COMBAT que je mène. Non pas du tout! On peut regretter certaines démarches du COMBAT, mais pas le COMBAT lui-même.

(…) J’ai reçu à la MACA plusieurs ÉMISSAIRES qui m’ont demandé de mettre de l’eau dans mon VIN . Je leur ai répondu que mon RÔLE, est de DÉNONCER les INJUSTICES et ABUS. Tant qu’il y’aura une MAUVAISE GOUVERNANCE, je continuerai de DÉNONCER . Je ne NÉGOCIERAI jamais ma SORTIE .

Je reconnais que beaucoup de CHOSES, à un CERTAIN NIVEAU ont été faîtes pour demander ma LIBÉRATION, mais le POUVOIR campe sur sa POSITION. », a-t-elle confié.

Axel Boundy

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