Le MI6 impliqué dans l’enlèvement du héros Congolais et LES révélations abominables de Gérard Soete sur l’assassinat de Patrice Lumumba: “J’ai découpé Lumumba en 34 morceaux”

Un des secrets les mieux gardés des services de renseignements britanniques vient peut-être d’être exposé : leur rôle dans l’enlèvement et l’assassinat de Patrice Lumumba.

Patrice Lumumba né le 2 juillet 1925 à Onalua, Congo belge, il est mort assassiné le 17 janvier 1961 près d’Élisabethville au Katanga. Il était le Premier ministre du Congo Belge. Il est, avec Joseph Kasa-Vubu, l’une des principales figures de l’indépendance du Congo belge. Il était le premier chef de gouvernement démocratiquement élu du Congo dont le panafricanisme et l’inclination vers Moscou avaient alarmé l’Occident.

Pendant plus de cinquante ans, des rumeurs ont circulé par rapport à des allégations sur le rôle de la Grande Bretagne dans le meurtre brutal de Lumumba en 1961, mais rien n’avait été prouvé – laissant la CIA et son homologue belge porter seules le chapeau pour ce qu’un écrivain Belge avait qualifié de « plus important assassinat du 20ème siècle. » 

Aujourd’hui, dans des révélations spectaculaires, un vétéran de la politique britannique affirme avoir entendu de la bouche même des concernés que c’est le MI6 qui l’avait « fait. »

MI6-lumumba

Dans une lettre à la rédaction passée Presque inaperçue dans le dernier numéro de la London Review of Books (LRB), David Edward Lea réagissait à « Empire of Secrets, British intelligence, the Cold War and the Twilight of Empire, » un nouveau livre sur les services secrets britanniques dans lequel Calder Walton affirme qu’on ne sait toujours presque rien sur le rôle de la Grande Bretagne dans la mort de Lumumba.

« La question reste de savoir si les projets britanniques d’assassinat de Lumumba… avaient une quelconque réalité. Pour l’heure, nous n’en savons rien, » écrit Walton.

Lord Lea a répliqué : « En fait, dans ce cas particulier, je peux dire que nous avons joué un rôle. Il se trouve que je prenais une tasse de thé avec Daphne Park… Elle avait été consul et première secrétaire [d’ambassade] à Léopoldville, aujourd’hui Kinshasa, de 1959 à 1961, ce qui en pratique (et qui a été par la suite reconnu) signifiait chef du MI6 sur place. J’avais évoqué avec elle l’indignation suscitée par l’enlèvement et l’assassinat de Lumumba, et je lui avais rappelé la théorie selon laquelle le MI6 avait quelque chose à voir avec ça. ‘Nous l’avons fait’, avait-elle répondu, ‘je l’ai organisé.’ »

Selon Lord Lea, elle avait soutenu que si l’Occident n’était pas intervenu, Lumumba aurait livré aux Russes les richesses minières du Congo – appelé aujourd’hui République Démocratique du Congo. Contacté par The Hindu, Lord Lea a confirmé la teneur de sa lettre à la LRB et que la conversation autour d’un thé avait eu lieu quelques mois avant le décès de Mlle Park en 2010. « C’est la discussion que j’ai eue avec elle et c’est ce qu’elle m’a dit. Je n’ai rien de plus à ajouter, » a-t-il dit quand nous lui avons demandé s’il disposait éventuellement d’une autre confirmation indépendante de la déclaration de Mlle Park.

Mlle Park qui a fait sa carrière dans les services de renseignements a servi à Kinshasa (ex Léopoldville) entre 1959 et 1961. A sa retraite, elle a été faite pairesse à vie avec le titre de baronne Park of Monmouth. Ses collègues de la Chambre des Lords parlaient d’elles comme de la porte parole des services secrets. Elle a aussi été brièvement doyenne du Somerville College à l’université d’Oxford.

Le MI6 n’a fait aucun commentaire sur les révélations de Lord Lea. « Nous ne nous exprimons pas sur les questions relatives aux renseignements, » a déclaré un officiel.
Lumumba, salué comme étant “le héros de l’indépendance du Congo” de la Belgique en 1960, avait été tué par balles le 17 janvier 1961 après avoir été renversé par un coup d’Etat soutenu par la Belgique et les USA à peine quelques mois après avoir pris ses fonctions.

Lumumba avait trouvé refuge auprès de Rajeshwar Dayal – le diplomate Indien qui représentait le Secrétaire Général de l’ONU au Congo – pendant plusieurs jours mais avait été capturé et tué peu de temps après qu’il avait fait le choix de quitter les locaux de l’ONU. « Ce crime odieux avait été le point culminant de deux complots d’assassinat liés entre eux par les gouvernements belge et américain qui avaient utilisé des complices Congolais et une peloton d’exécution belge pour faire le coup, » écrit Georges Nzongola-Ntalaja, un spécialiste d’études africaines et afro-américaines qui a écrit The Congo from Leopold to Kabila : A People’s History [le Congo de Léopold à Kabila : histoire d’un peuple].

Des documents américains de l’époque déclassifiés ont établi le rôle de Washington dans des tentatives secrètes d’assassinat – la plus connue étant le plan de la CIA pour empoisonner la brosse à dents de Lumumba en introduisant de la pâte dentifrice empoisonné dans sa salle de bains.

« La pâte dentifrice n’est jamais arrivé dans la salle de bains de Lumumba. Je l’ai jetée dans le fleuve Congo, » dira plus tard Larry Devlin, chef de la station de la CIA à Léopoldville.

Le public sait peu de choses sur le rôle de la Grande Bretagne. Mais en 2000, la BBC avait rapporté qu’à l’automne 1960 – trois mois avant l’assassinat de Lumumba – un agent du MI5 à l’ambassade britannique à Léopoldville avait proposé « l’élimination de Lumumba de la scène en le tuant. »

Assassinat de Patrice Lumumba-Gérard Soete: “J’ai découpé Lumumba en 34 morceaux”

Gérard Soete est l’un des policiers belges qui avaient participé à ce crime crapuleux le 17 janvier 1961 au Congo belge devenu Zaïre puis aujourd’hui République démocratique du Congo.

Après plusieurs années de manipulation et de déni, ce policier est passé aux aveux le 15 mai 2000. 

«J’ai découpé et dissous dans l’acide le corps de Lumumba . En pleine nuit africaine, nous avons commencé par nous saouler pour avoir du courage. On a écarté les corps. Le plus dur fut de les découper en morceaux, à la tronçonneuse, avant d’y verser de l’acide. Il n’en restait presque plus rien, seules quelques dents. Et l’odeur ! Je me suis lavé trois fois et je me sentais toujours sale comme un barbare ». Ces mots sont ceux de Gérard Soete, prononcés le 15 mai 2002, quarante ans après la disparition du leader congolais Patrice Lumumba.

Quarante ans après l’assassinat de Patrice Lumumba, le Belge Gérard Soete vient enfin de se défaire d’un lourd secret : une nuit de janvier 1961, dans une puanteur d’acide sulfurique et de cadavres écartelés, il fit disparaître le corps du martyr congolais.

« Est-ce que la législation me le permettait ? », se demande-t-il aujourd’hui, à 80 ans et en bonne santé, dans son pavillon d’un faubourg résidentiel de Bruges (nord-ouest) où l’AFP l’a rencontré. « Pour sauver des milliers de personnes et maintenir le calme dans une situation explosive, je pense que nous avons bien fait », ajoute-t-il, en dépit de « la crise morale » qu’il doit avoir traversée après cette nuit « atroce ».

Le 17 janvier1961, sept mois après l’accession du Congo à l’indépendance, Patrice Lumumba, le premier chef de gouvernement du pays, était assassiné près d’Elisabethville (actuellement Lubumbashi, sud), capitale de la province alors sécessionniste du Katanga.

Criblé de balles, son corps n’a jamais été retrouvé, pas plus que ceux de deux proches tués avec lui, Joseph Okito et Maurice Mpolo.

Selon l’auteur, le but de l’élimination était, en pleine guerre froide, de maintenir le Congo dans la sphère d’influence occidentale. La thèse a connu un tel écho qu’une commission d’enquête parlementaire belge, chargée d’éclaircir « l’implication éventuelle des responsables politiques belges » dans l’assassinat, a entamé ses travaux le 2 mai. Une commission qui auditionnera Gérard Soete, commissaire de police chargé à l’époque de mettre en place une « police nationale katangaise ».

Le Brugeois dut d’abord transporter les trois corps à 220 kilomètres du lieu d’exécution, pour les enfouir derrière une termitière, en pleine savane boisée. De retour à Elisabethville, il reçut cependant « l’ordre » du ministre de l’intérieur Katangais Godefroi Munongo de faire littéralement disparaître les cadavres.

La popularité de Lumumba était telle que son cadavre restait en effet gênant. Le « pèlerinage » sur sa tombe pouvait raviver la lutte de ses partisans. « Petit Gérard Soete de Bruges, je devais me débrouiller tout seul avec trois corps internationalement connus », résume-t-il aujourd’hui. « Toutes les autorités belges étaient sur place, et elles ne m’ont pas dit de ne rien faire », ajoute-t-il, avec un fort accent flamand. Accompagné d’ « un autre blanc » et de quelques congolais, épuisés « d’une scie à métaux, de deux grandes dames-jeannes et d’un fut d’acide sulfurique », il leur fallut toute la nuit, du 22 au 23 janvier, pour accomplir leur besogne.

« En pleine nuit africaine, nous avons commencé par nous saouler pour avoir du courage. On a écarté les corps. Le plus dur fut de les découper avant de verser l’acide », explique l’octogénaire. « Il n’en restait presque plus rien, seules quelques dents. Et l’odeur ! Je me suis lavé trois fois et je me sentais toujours sale comme un barbare », ajouté-t-il.

De retour en Belgique après 1973, Gérard Soete qui conserve toujours un doigt, une dent (empaillés) et l’Alliance de P. Lumumba, contera cette terrible nuit dans un roman, « pour (se) soulager »,mais sans livrer son nom

Patrice Lumumba né le 2 juillet 1925 à Onalua, Congo belge, il est mort assassiné le 17 janvier 1961 près d’Élisabethville au Katanga. Il était le Premier ministre du Congo Belge. Il est, avec Joseph Kasa-Vubu, l’une des principales figures de l’indépendance du Congo belge.

Il a été atrocement éliminé par la puissance coloniale parce qu’il voulait affranchir le Congo de la domination belge. Il voulait que le Congo revienne aux congolais, que les immenses richesses du pays profitent aux congolais et non à la Belgique.

Et pour faciliter le crime, la Belgique s’était appuyée sur un congolais, Mobutu Sessé Seko. Il devint Président en 1965 après le difficile règne de Kasa-Vubu dont Lumumba fut l’éphémère Premier Ministre(1960-1961). Un Premier ministre qui était plus charismatique par ses idées émancipatrices et son verbe prolixe et acerbe vis-à-vis de la Belgique. Mobutu rebaptisa le pays Zaïre qui devint République démocratique du Congo(RDC) après la chute de Mobutu le 17 mai 1997 suite à une rébellion conduite par Laurent Désiré Kabila, père de Joseph Kabila prédécesseur de Félix Tchisekedi actuel Président de la RDC. Mobutu est mort le 7 septembre 1997 en exil à Rabat soit près de 4 mois après son renversement.

L’héritage colossal de Lumumba

Pour la jeunesse africaine, c’est une figure tutélaire. C’est une figure comme Thomas Sankara, comme Kwame Nkrumah et d’autres qui est vu comme un des héros du panafricanisme.

Pourquoi Patrice Lumumba est-il 60 ans après sa disparition au sommet de sa popularité ? En raison de l’échec des politiques menées depuis l’indépendance, avance l’historien Isidore Ndaywel. « On se rend compte finalement que l’Afrique post-coloniale a tellement mal évolué que l’on revient à l’idéal de départ, qui a été l’idéal des pères de l’indépendance, estime celui qui enseigne à l’université de Kinshasa. Et pour le cas du Congo et d’une bonne partie de l’Afrique au sud du Sahara, l’idéal d’une personnalité comme Lumumba ».

Autre élément qui explique sa popularité : la façon dont il a été traqué puis éliminé. « C’est une très belle revanche ! Pour quelqu’un qui devait disparaître et justement ne plus compter, c’est raté », analyse l’historienne Karine Ramondy, auteure de Leaders assassinés en Afrique centrale, 1958-1961.

C’est là le comble de l’ironie : en le traquant, en l’assassinant puis en faisant disparaître son corps, ses ennemis et tortionnaires ont certainement contribué à créer et perpétuer le mythe Lumumba. « C’est le martyre total, c’est-à-dire on ne lui laisse même pas son enveloppe corporelle. Il y a véritablement un jusqu’au-boutisme qui explique sûrement pourquoi la figure constitue aujourd’hui encore une source d’inspiration de nombreux musiciens, peintres, sculpteurs qui évoquent cette mémoire. Certains d’ailleurs dans une approche presque messianique ».

Par Vincent Williams

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