Des chercheurs pointent la vulnérabilité des forêts d’Afrique centrale

Publiée le 21 avril 2021 dans la revue Nature, une étude internationale coordonnée par des chercheurs de l’IRD et du Cirad, identifie pour la première fois les massifs forestiers les plus vulnérables à l’augmentation des pressions climatiques et humaines attendues dans les prochaines décennies.

Cameroun, Gabon, République du Congo, République démocratique du Congo et République centrafricaine. Cinq pays d’Afrique centrale sur lesquels s’étend l’un des plus grands réservoirs de biodiversité, le second massif de forêt tropicale au monde. Une région aux multiples forêts distinctes, dont chacune réagit différemment aux pressions climatiques et à celles exercées par l’homme, explique Maxime Réjou-Méchain, écologue à l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et premier auteur de l’étude.

Cette étude met à jour la première cartographie transnationale des types forestiers de la région. Un travail quantitatif impressionnant, accessible en ligne sur le site du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad). Il s’appuie sur un énorme jeu de données de près de 6 millions d’arbres. Pour se rendre compte de l’ampleur des ressources utilisées, « on estime que si une seule personne devait reproduire ce jeu de données, il lui faudrait 1000 années de travail de terrain », précise Maxime Réjou-Méchain. L’objectif de cette recherche consiste à combiner ces données aux scénarios climatiques et anthropiques futurs afin de comprendre quelles forêts seraient les plus susceptibles d’être affectées.

La vulnérabilité, en tenant compte des scénarios climatiques du Groupe d’experts intergouvernemental sur le climat (GIEC) et des projections démographiques des Nations unies attendues à la fin du siècle, est cependant loin d’être homogène. La RDC, la forêt atlantique au Gabon et au sud de la République du Congo, les marges forestières, notamment au Cameroun, sont des régions plus sensibles que d’autres aux évolutions climatiques et démographiques. 

Pour Maxime Réjou-Méchain, l’enjeu se porte clairement sur la République démocratique du Congo (RDC) : « Le pays abrite la moitié des forêts tropicales d’Afrique centrale et combine à la fois des pressions anthropiques et climatiques. Il y a une démographie qui explose. On estime qu’entre 2000 et 2085, la population de la RDC va être multipliée par sept. Potentiellement à l’horizon 2085, il risque de ne plus rester grand-chose en RDC si rien n’est fait aujourd’hui », assène-t-il.

Source RFI

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