Après l’assassinat du président Moïse, le chaos institutionnel règne à Haïti

Après l’assassinat du président haïtien dans sa résidence privée, dans la nuit du mardi 6 au mercredi 7 juillet, la police a affirmé avoir abattu quatre des responsables du crime. Pendant ce temps, deux Premiers ministres, Claude Joseph et Ariel Henry, se disputent déjà le pouvoir.

Le mercredi 7 juillet, la police nationale haïtienne (PNH) a affirmé avoir abattu quatre des membres présumés du commando qui avait assassiné, quelques heures plus tôt, en pleine nuit, le président Jovenel Moïse, dans sa résidence privée. Son épouse, grièvement blessée lors de l’attaque, est actuellement hospitalisée à Miami, en Floride, où elle a été transférée.

Outre les quatre personnes abattues, “deux autres assaillants supposés ont été interceptés et trois policiers, pris en otage par des membres du commando, ont été libérés, selon le directeur général de la police”, relate l’agence en ligne de Port-au-Prince AlterPresse, qui précise 

Les opérations se poursuivent pour retrouver d’autres membres du commando, composé de mercenaires étrangers, selon les autorités.”

Depuis l’assassinat du président, le pays a été placé sous “état de siège” par le Premier ministre intérimaire, Claude Joseph. Lequel avait été nommé en avril pour une période indéfinie.

Bras de fer

Le lundi 5 juillet, environ vingt-quatre heures avant son assassinat, le président Jovenel Moïse avait finalement tranché et nommé un autre Premier ministre, Ariel Henry, un indépendant qui n’appartient pas au parti au pouvoir, le PHTK (Parti haïtien Tèt Kale). Mais Ariel Henry n’a pas eu le temps d’être intronisé ni d’entrer en fonction comme Premier ministre.

Depuis l’assassinat, l’intérimaire Claude Joseph et l’indépendant Ariel Henry se disputent donc le pouvoir. Le premier se revendique chef d’État, au moins provisoire, en vertu de la Constitution qui précise :

En cas de vacance de la présidence de la République soit par démission, destitution, décès […], le Conseil des ministres, sous la présidence du Premier Ministre, exerce le pouvoir exécutif jusqu’à l’élection d’un autre président.”

Un état de siège précipité ?

Ariel Henry n’est pas du tout d’accord : “Claude Joseph n’est pas Premier ministre”, a-t-il déclaré au grand quotidien du pays, Le Nouvelliste :

Un gouvernement démissionnaire est un gouvernement démissionnaire à ma connaissance. Ce n’est pas un gouvernement de plein exercice. S’il n’y avait pas la nécessité d’avoir un autre gouvernement, je pense que le président Jovenel Moïse n’aurait pas été me rechercher [il a été ministre sous d’autres gouvernements].”

Selon le journal haïtien, Ariel Henry exprime également son désaccord avec certaines décisions prises par Claude Joseph depuis la mort du président Jovenel Moïse :

Je ne pense pas qu’on soit dans une situation qui nécessite l’état de siège. Je pense que c’est un peu précipité.”

Avec Courrier international

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