Haïti: Martine Moïse appelle à «continuer le combat» de son mari, en plein chaos politique

Après l’assassinat du président Jovenel Moïse et la stupeur provoquée, les Haïtiens se retrouvent dans un chaos politique. Martine Moïse, blessée lors de l’attaque et encore hospitalisée, s’est exprimé dans un court message aux Haïtiens. Elle exhorte ses concitoyens à continuer le combat de son mari.

La Première dame d’Haïti, Martine Moïse, blessée mercredi par les meurtriers du président haïtien Jovenel Moïse, a appelé samedi à poursuivre la « bataille » livrée par son mari. « Mes frères et sœur à travers le pays, c’est Martine Moïse qui vous parle. Je suis vivante, mais j’ai perdu mon mari, Jovenel. » D’une voix faible, mais ferme, la veuve de Jovenel Moïse s’exprime depuis son lit d’hôpital à Miami. Dans ce message enregistré, Martine Moïse raconte comment les mercenaires sont entrés dans sa maison, comment ils ont criblé de balles son mari « sans lui donner la moindre chance de dire un seul mot ».

Continuer le combat de son mari

« Le président du pays s’est toujours battu pour les routes, l’eau et l’électricité », affirme-t-elle et pour le référendum et les élections prévues en fin d’année. « Jovenel Moïse a toujours cru dans les institutions et la stabilité », assure son épouse dans son message audio. « C’est une bataille qu’il menait pour nous », dit Martine Moïse, « il faut continuer ».

Selon elle, les tueurs de son mari sont en prison, mais la Première Dame met en garde contre d’autres mercenaires qui veulent « tuer le rêve du président, sa vision et les idées qu’il avait pour le pays ». Et Martine Moïse termine son message sur ces mots : « Je ne vous abandonnerai pas. » Elle promet d’ailleurs de participer bientôt à un échange en direct sur Facebook.

« Une situation extrêmement chaotique ! »

Dans le même temps, le chaos politique règne. Les différents acteurs de la société civile sont pour beaucoup abasourdis. C’est l’incertitude totale pour Jean-René Lima, coordonnateur du Mouvement pour le développement l’Artibonite, un secteur de la société civile : « C’est maintenant que nous sommes dans une situation extrêmement chaotique ! Parce qu’on est à deux doigts de la guerre civile, dans les jours à venir, si rien n’est fait. »

Me Sinder Jean, avocat au Barreau des Gonaïves, est aussi complètement perdu, rapporte notre correspondant aux Gonaïves, Paul Ronel. Le quinquagénaire trouve que la situation actuelle fait penser à celle de 1806, après l’assassinat de l’empereur Jean-Jacques Dessalines : « La vie du pays sera hypothétique. Où est-ce qu’on va ? S’il y a un morceau de pain, tout le monde convoite ce morceau de pain ! C’est grave, ça ! »

Contre toute attente, la communauté internationale se dit prête à soutenir le Premier ministre démissionnaire Claude Joseph pour organiser des élections anticipées le plus vite possible. Cette démarche est une stratégie pour faire perdurer la crise en Haïti, accuse Me Caristhene Fleurmond, coordonnateur de l’Espace de réflexion et d’action citoyenne (Erac) : « Le pays n’appartient pas à la communauté internationale. L’OEA n’a pas fondé Haïti ! Donc le fait de dire très tôt, au lendemain de l’assassinat du président, qu’on supporte Claude Joseph, qui est considéré comme étant un simple citoyen, c’est une erreur grave. »

L’investiture du sénateur Joseph Lambert, ce samedi 10 juillet, au Sénat, comme président provisoire de la République d’Haïti, a été reportée à une date ultérieure sans explication officielle.

Source RFI

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