Le président par intérim du Mali, Goïta, s’en sort « très bien » après une tentative d’assassinat

Le chef par intérim du Mali, le colonel Assimi Goïta, a annoncé à la télévision nationale qu’il se portait « très bien » après un attentat contre sa vie dans la capitale Bamako mardi.

« Cela fait partie d’être un leader, il y a toujours des mécontents », a déclaré Goïta dans un communiqué diffusé sur la chaîne d’État ORTM. « Il y a des gens qui, à tout moment, peuvent vouloir essayer des choses pour causer de l’instabilité ».

Un journaliste de l’AFP qui a assisté à l’attaque a déclaré que les assaillants s’en étaient jetés sur Goïta, qui a été rapidement emporté par la sécurité.

Le journaliste a également déclaré avoir vu du sang sur les lieux, bien qu’il ne soit pas clair qui avait été blessé.

Un responsable du bureau du président a déclaré plus tard que Goïta était « sain et sauf », après ce qui a été qualifié de tentative d’assassinat.

Goïta est arrivé au camp militaire de Kati, à l’extérieur de la capitale, « où la sécurité a été renforcée », a ajouté le responsable.

La sécurité avait maîtrisé un assaillant, et « des enquêtes sont en cours », a ajouté la présidence dans un communiqué.

L’incident s’est produit après des prières pour la fête islamique de l’Aïd al-Adha dans la grande mosquée de Bamako.

Les assaillants sont allés chercher le président alors qu’un imam dirigeait les fidèles à l’extérieur de la mosquée pour un sacrifice rituel d’animaux.

Le ministre des Affaires religieuses Mamadou Koné, qui se trouvait à la mosquée, a déclaré à l’AFP qu’un homme avait « essayé de tuer le président avec un couteau » mais avait été appréhendé.

Le directeur de la mosquée, Latus Touré, a déclaré qu’un assaillant s’était jeté sur le président mais avait blessé quelqu’un d’autre.

Plus tard, un responsable de la sécurité qui a requis l’anonymat a déclaré que deux personnes avaient été arrêtées et étaient maintenant en détention.

Troubles politiques

Cette attaque choquante fait suite à des mois de troubles politiques au Mali, qui lutte également contre une insurrection djihadiste qui a fait des milliers de morts et chassé des centaines de milliers de personnes de leurs foyers.

Goïta a prêté serment au pouvoir en juin, après avoir dirigé le deuxième coup d’État du pays en moins d’un an.

Le colonel avait déjà mené un putsch en août dernier, lorsque lui et d’autres officiers de l’armée ont renversé le président élu Ibrahim Boubacar Keïta après des semaines de manifestations de masse contre la corruption et le conflit djihadiste de longue date.

Le deuxième coup d’État en neuf mois a déclenché un tollé diplomatique, poussant l’Union africaine et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à suspendre le Mali, appelant à la nomination d’un Premier ministre civil.

Insurrection djihadiste

La France, qui compte des milliers de soldats stationnés dans ce pays déchiré par la guerre, a également suspendu sa coopération militaire avec le Mali.

L’ancienne puissance coloniale a ensuite annoncé qu’elle allait mettre fin à sa force Barkhane de 5 100 hommes qui combat les djihadistes au Sahel depuis 2013.

La junte militaire a remis le pouvoir à un gouvernement de transition dirigé par des civils, qui a promis de rétablir un régime civil en février 2022.

En juin, il a dévoilé son nouveau gouvernement, nommant des personnalités militaires à des postes clés.

Goïta avait alors promis que le gouvernement « respecterait tous ses engagements », s’engageant à organiser « des élections crédibles, justes et transparentes ».

Une large majorité des 15 pays du Conseil de sécurité de l’ONU a par la suite appelé à la participation d’élections libres et équitables dans le pays sans la participation de ses dirigeants actuels.

Le Mali est également confronté à des troubles en dehors de l’arène politique.

Il peine à contenir une insurrection djihadiste apparue pour la première fois dans le nord du pays en 2012, et s’est depuis étendue au Burkina Faso, au Mali et au Niger.

Des milliers de soldats et de civils ont été tués et des centaines de milliers ont fui leurs foyers.

Le conflit s’est également accompagné d’une instabilité politique dans la capitale.

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