Partygate. Des heures « périlleuses » s’annoncent pour Boris Johnson

Boris Johnson devant le 10 Downing Street à Londres le 25 janvier 2022 – REUTERS (Henry Nicholls)

La police britannique a ouvert une enquête pour savoir si le premier ministre et son staff avait enfreint la loi avec une fête d’anniversaire au 10, Downing Street en plein confinement. L’enquête s’ajoute à un rapport civil qui pourrait être publié dans quelques heures.
Le Daily Mail parle du “jour du J du partygate” pendant que le Guardian promet à Boris Johnson “les 48 heures les plus périlleuses de son mandat”. Un rapport revenant sur la fête d’anniversaire organisée en plein confinement pour le premier ministre au 10, Downing Street, pourrait être publié ce mercredi, dans la foulée d’une enquête criminelle ouverte par la police.
Dans ce rapport, se trouveraient, selon les informations de Sky News, des photos de M. Johnson et son entourage buvant du vin. La chaîne indique que le bureau du chef du gouvernement n’a pas encore consulté le rapport. Mardi matin, raconte le Telegraph, Downing Street a expliqué que Scotland Yard étant désormais concerné, les conclusions du rapport ne pourraient pas être communiquées rapidement. Mais la police a fait comprendre qu’elle ne s’y opposerait pas, ouvrant la possibilité d’un accès au texte dans les heures ou jours qui viennent.
La situation “augmente la pression sur Boris Johnson”, observe la BBC, faisant de lui le deuxième chef du gouvernement à être impliqué dans une enquête policière. Mais avant lui, Tony Blair avait été écouté que comme témoin. “C’est embarrassant, sérieux et on pourrait réaliser que certaines des personnes les plus puissantes du pays ont enfreint la loi”, souligne le média britannique.
“Le Numéro 10 est en alerte rouge”, affirme le Sun. Le cercle rapproché de M. Johnson doit empêcher une “mutinerie” chez les Tories et s’éviter un vote de confiance. Le député Conor Burns, un proche du leader, a déclaré sur Channel 4 que Boris Johnson avait été “en quelque sorte victime d’une embuscade avec un gâteau”, mettant indirectement en cause son équipe.
“Sacrifier son staff pour sauver sa peau revient à fuir son devoir”, condamne le Times. “Le système ne peut pas fonctionner si la secrétaire privée du premier ministre n’est pas considérée comme une extension du premier ministre, parlant et agissant en son autorité. Si les députés décident que Johnson n’est responsable que des bougies sur lesquelles il a soufflé et seulement des amuse-bouches qu’il a consommés, ils se moqueront de l’idée même de responsabilité parlementaire”.
Quel avenir pour Johnson ?
Mais alors qu’une invasion russe de l’Ukraine n’a rien d’improbable et que l’inflation menace le consommateur britannique, “nous sommes invités à nous sentir outragés parce que le 30 juin 2020, le staff de Downing Street a participé à un petit rassemblement avec un gâteau d’anniversaire présenté au premier ministre par sa future femme Carrie”, s’agace une tribune dans le Daily Mail, un tabloïd conservateur. Son auteur y voit une tentative de coup d’Etat de la part de ceux qui ne lui ont toujours pas pardonné le Brexit.
Le problème n’est pas que Boris Johnson et quelques fonctionnaires aient partagé un bout de fromage dans les jardins de la résidence du premier ministre, nuance la BBC. Le problème, c’est que ceux qui ont imposé le confinement à des millions de Britanniques n’en suivaient pas les règles. Alors si une partie de l’opinion et du camp conservateur trouve “ridicule” de demander la démission d’un premier ministre pour un gin tonic, l’implication de la police, les résultats d’une investigation officielle et la colère du public annoncent des jours “intensément difficiles”.
Mardi, au milieu de la pagaille, le dirigeant a impressionné avec un discours fort à la Chambre des communes sur l’attitude à adopter face à la situation en Ukraine. Il n’empêche que son mandat reste menacé, insiste Sky News, suggérant trois pistes pouvant conduire à son départ : des éléments accablants du rapport poussent son parti à l’abandonner, la police le sanctionne après son enquête, compliquant le soutien des conservateurs et enfin, la crainte que ses problèmes représentent un poids lors des prochaines élections.
“Je n’ai aucune idée de comment tout va se terminer”, confie au Sun un membre du cabinet. “Il peut gagner la prochaine élection comme se retrouver avec les menottes aux poignets dans une semaine”.

Source courrier International

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